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La Bretagne dans le monde anglophone/Brittany in the English-speaking world. Blog de Jean-Yves Le Disez, enseignant-chercheur (UBO-CRBC)

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La vogue de la Bretagne dans la musique parodiée

Posted by brittopedia sur juillet 28, 2008

Si on peut à bon droit parler d’une vogue de la Bretagne en peinture entre 1870 et 1930, il en est de même, dans une moindre mesure, en musique entre Le Pardon de Ploermel, opéra de Meyerbeer créé à Paris en 1859 puis joué à Londres la même année (dans une version italienne et sous le titre de Dinorah) et The Belle of Brittany (1908). Habitué de la Bretagne, familier des artistes étrangers qui cherchent l’inspiration entre Paris et Pont-Aven, Robert W. Chambers se moque en passant de cette vogue (ainsi que de lui-même, de l’art décadent et de l’art pour l’art) au détour de son roman The Common Law (1911). C’est, sauf erreur, la seule allusion à la Bretagne dans cette oeuvre de l’auteur du Roi en jaune (The King in Yellow) mais elle est assez cocasse :

Olaf Dennison, without preliminary, sat down at the piano, tossed aside his heavy hair, and gave a five-minute prelude to the second act of his new opera, « Yvonne of Bannalec. » The opera might as well have been called Mamie of Hoboken, for all the music signified to Neville.

Mrs. Hind-Willet, leaning over the chair where Valerie was seated, whispered fervently:

« Isn’t it graphic! The music describes an old Breton peasant going to market. You can hear the very click of his sabots and the gurgle of the cider in his jug. And that queer little slap-stick noise is where he’s striking palms with another peasant bargaining for his cider. »

« But where does Yvonne come in? » inquired Valerie in soft bewilderment.

« He’s Yvonne’s father, » whispered Mrs. Hind-Willet. « The girl doesn’t appear during the entire opera. It’s a marvellously important advance beyond the tonal and graphic subtleties of Richard Strauss. »

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Sans autre forme de procès, Olaf Dennison s’assit au piano, rejeta en arrière sa lourde chevelure et exécuta cinq minutes durant le prélude du second acte de son nouvel opéra « Yvonne de Bannalec ». Pour Neville, qui n’y entendait rien, il aurait tout aussi bien pu s’intituler « Mamie de Hoboken ».

Madame Hind-Willet, se penchant vers la chaise de Valérie, murmura avec ferveur dans l’oreille decette dernière :

– Comme tout cela est parlant, ne trouvez-vous pas ? La musique évoque un vieux paysan breton s’en allant au marché. On entend parfaitement le bruit de ses sabots sur la route et celui du cidre qui gargouille dans sa barrique. Et le petit bruit sec que nous avons entendu, c’est lorsqu’il tape dans la main d’un autre paysan qui vient de lui acheter son cidre.

– Mais Yvonne, où est-elle ? demanda Valérie quelque peu décontenancée.

Ce paysan est son père, répondit Madame Hind-Willet, toujours à voix basse. Elle n’apparaît à aucun moment dans l’opéra. C’est un progrès considérable qui va bien au-delà des subtilités tonales ou visuelles de Richard Strauss.

(Chambers, Robert W (1911). The Common Law. Texte disponible sur Gutenberg : http://www.gutenberg.org/files/13813/13813-8.txt).

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